Montfort, genèse du village au fil de l’histoire de la Provincia.
Sans entrer dans les
détails afin de ne pas ennuyer le lecteur dès le début, nous ne reviendrons pas
ici aux époques « mégalithiques ». Si ce domaine vous intéresse il
faut vous reporter au livre de Monsieur Eric Kalmar Pierres mystérieuses du Var qui date peut-être un peu aujourd’hui,
car il a été achevé d’être imprimé en juin 1975, mais qui reste un document des
plus intéressants. Voir également le début du livre de Mr J. Seillé dans lequel
ma mère Y. Emond, a modestement collaboré en apportant la photographie de La Pierre de Robernier (2500 av J.C ?). On peut citer également
le site de la Baume, appelé curieusement par les gens du pays Le trou du Renard, où J.M. Michel
indique qu’il y a été signalé du silex et de la céramique modelée, mais sans
que l’on puisse être assuré de cette information. Pour tenter un survol de
cette genèse je me suis largement appuyé sur les études de Messieurs J. Seillé
(J.S), J.M Michel (J.M.M), M. Borréani (M.B), et bien sûr G.d. Jerphanion
(G.d.J), vérificateur de mes hypothèses pour ce qui à trait à la partie
médiévale de ce texte. Je compte d’ailleurs sur ces spécialistes en la matière,
J.M Michel et M. Borréani archéologues, et G. de Jerphanion historien pour corriger mes erreurs…, ce blog étant
interactif je pense que mes oreilles vont être largement sollicitées par leurs
critiques…, j’espère qu’ils me pardonneront et que, suite à leur lecture je ne
deviendrai pas sourd… !
J’ai opté de commencer
le survol de cette histoire avec l’arrivée des Grecs sur nos côtes méditerranéennes.
Voir le découpage des séquences historiques en note *(1).
Vers 600 av J.C
Massalia (Marseille) est créée par les Grecs de Phocée (Turquie), avec l’appuis
des romains. Plus tard, au 4ème siècle av J.C des comptoirs
maritimes seront mis en place à Nikai (Nice), Antipolis (Antibes), Olbia
(Hyères), Fréjus, Toulon, Agde, afin de commercer avec les autochtones.
Les Grecs n’avaient
aucune volonté belliqueuse mais, en commerçants avisés, vouaient un vif intérêt pour le commerce, ce qui bouleversa
quelque peu la vie économique et sociale des populations locales de l’arrière
pays provençal par le développement d’une forte activité d’échanges. Ils
pénétrèrent à l’intérieur de notre région en passant par les vallées de l’Arc, de l’Huveaune et de
l’Argens. Notre région était alors peuplée par des tribus (environ une
douzaine) qui, au fil des siècles vont se mélanger aux Celtes et aux Ligures.
J.M.M nous donne quelques noms de ces peuplades, connues grâce aux auteurs
anciens Strabon et Pline, les Camactulici
sur la côte de Hyères à la Ciota, les Tritoli
dans la partie nord-ouest du Var, les Verucini
et les Svelteri de la côte à l’est de
Hyères jusqu’au Verdon. Contrairement à
ce que l’on dit sur ces peuplades traitées souvent vulgairement de barbares, elles étaient en fait très
bien organisées, n’ayant pas de véritable unité politique, mais possédant des
villes ou régions parfois importantes ayant à leur tête des familles de
notables issues de l’aristocratie foncière, liées entre elles par une même lignée,
voir note *( 2), et des lieux
de culte où ils vénéraient leur divinités, voir note *(3).
Cet ensemble de tribus
était bordé au nord par des tribus Celtes, à l’est par différentes tribus
Ligures jusqu’à la rivière la Siagne, et à l’ouest l’Espagne peuplée de tribus
Ibères, excepté sa partie sud sous domination Carthaginoise depuis 237 av J.C.
… Les Ligures résistèrent aux tentatives d’invasion Ibères à l’ouest. Les
Celtes étaient des fabricants d’armes, de broches, d’agrafes, de colliers, de
poteries, de tonneaux, de lampes à huile, d’instruments agricoles, de
vêtements…etc, qu’ils exportaient jusqu’en Bretagne et sur les côtes d’Afrique,
et, contrairement aux relations âpres qu’ils entretenaient avec les Ibères, ont
vécu en harmonie avec les Ligures qui travaillaient l’or, l’argent, le cuivre
et le fer. Au fil des échanges commerciaux avec les ports méditerranéens, des
interactions sociales, culturelles et économiques, Celtes et Ligures finirent
par créer un peuple appelé communément Celto-Ligure composé toujours cependant
de diverses tribus indépendantes. A l’âge du fer (7ème -1er
siècle av J.C), cette population vivait dans de petites maisons, le plus
souvent rectangulaires, faites de bois et de torchis, endroits clos mais sans
installations défensives particulières. Cet habitat s’est développé autour et à
l’intérieur de ce que l’on appelle un oppidum. Suivant leur importance, ces
oppida, outre leur fonction de défense, pouvaient servir de dépôt pour du matériel utile, de stockage de
denrées non périssables. Ils avaient également des fonctions en quelque sorte
d’oppida-marchés de part leur activité commerciale intense avec les régions
limitrophes, de lieu de rassemblement pour les foires, les marchés, où se
concentrait l’activité artisanale, politique et parfois religieuse. Ces Oppida
deviennent alors des lieux d’échange régional et extra régional. Les fouilles archéologiques montrent un
mélange de matériel à la fois régional et Grec.
Puis vient le temps
des Guerres Puniques qui se résume en trois guerres entre les Romains et les
Carthaginois entre 264 av J.C et 146 av J.C. Voir note *(4). Suite à la prise de Carthage par Scipion, Rome devint la
plus grande puissance méditerranéenne, en tenant l’Afrique du nord et bientôt
les côtes provençales grâce à la présence de leur allié Grec à Marseille. En
effet, aux 2ème et 1er
siècle av J.C de puissantes oppida étaient déjà largement présents sur notre
sol autour de Marseille, à Allauch, Bouc-bel-Air, Graveson, Istres, Martigues.
Puis, quelques tribus Celto-Ligures commencèrent à vouloir chercher querelle
aux Grecs pour des raisons économiques et stratégiques. La puissance acquise
par les oppida et certains de leur emplacement sur les routes commerciales aux
portes de Marseille inquiéta les Grecs, tant et si bien que ces derniers firent
appel à Rome pour les aider à mettre fin aux pillages. Ce fut alors le début
de l’ère de La Pax Romana (- 27 av J.C à
180 ap J.C), voir note *(5).
La région qui englobe
les villages de Carcès, Montfort, Cotignac et Correns, porte encore la trace de
ces oppida entre le 1er siècle et le 4ème siècle de notre
ère. Monsieur Jacques Seillé nous en indique quelques unes qui cernent la
plaine de Montfort « au dessus du Vaillet qui garde le couloir de l’Argens
vers Correns, le Castellas au dessus de Nestuby qui surveille le passage vers
Cotignac, celui de l’aire des masques au dessus du barrage de Carcès, ceux du
Basson et Gayassu au dessus de Correns, et celui du Bessillon qui domine
l’ensemble de la région ». Dans les années 1960, Monsieur Jacques Seillé
met en évidence l’oppidum de Montfort qu’il mentionnera par la suite en 1988
dans son ouvrage sur L’Histoire de
Montfort. Cette information fut relayée à l’époque par Monsieur Paul
Lombard, professeur d’histoire, dans le journal Le Méridional. Cet oppidum est positionné sur une colline appelée
aujourd’hui Castéou Rignaou, ou Castéou-Rinaou voir Castèu Rignau (Abbé Mourgues). Cet oppidum
« Montfortais » a dû avoir au fil des temps plusieurs phases de
construction tout d’abord en bois puis en pierre.
Dans tout l’arrière
pays provençal, autour de ces oppida il n’y avait pas de villages à proprement
parlé, mais un habitat dispersé. Il devait s’étendre sur les collines
environnantes, le plus souvent non loin d’une source pérenne, car l’eau est fondamentale
pour que la vie s’y développe. Sur le
terroir de Montfort on trouve nombre de sources pérennes où de réservoirs (Les
Lombardes, La fouant de Luire, La fouant Petite, La fouant Vieille, L’Iscle,
Les Gravières, Les Lones, La Grone, Les Prat nàv, Les Paluds, L’Aréna, Les Praderies, Le
Gravat). Faute de fouilles archéologiques systématiques on ne peut affirmer à
partir de quel moment ces sources ont été incluses dans un habitat.
Toutes ces collines
étaient alors exploitées et les habitants vivaient essentiellement sur une base
d’agro-pastoralisme (vignes, oliviers, blé, orge, avoine, moutons,
chèvres…etc.), sans oublier la chasse (lièvres, sangliers, chevreuils,
bouquetins…), la pêche et, au 1er
siècle, l’élevage des porcs. Il nous faut mentionner également l’exploitation
forestière, le bois, la poix pour les colmatages, l’utilisation des fours à
chaux pour la construction. Il y avait des voies de communication plus ou moins
importantes selon le volume des échanges entre oppida ou vers les ports. Souvent
les voyageurs et commerçants devaient passer par des oppida-relais sur les
grands axes de communication, où ils devaient négocier leur passage avec
fourniture d’une escorte, de guides, de bêtes de somme du pays qui, seules
s’aventuraient dans les zones dangereuses… Le commerce était intense. D’un pays
à l’autre circulaient l’étain de
Toscane, l’ambre de Sisteron, le fer de l’Etrurie où de l’île d’Elbe, des
objets métalliques ou en terre cuite, certaines productions locales sont
exportées (vin, huile d’olive, céréales, aromates), par les ports
méditerranéens notamment en ce qui nous concerne à partir de Massalia (Marseille). De la côte provenaient
essentiellement le sel et le poisson salé (conservé dans la saumure)… Les
intérêts des habitants côtiers s’harmonisaient avec ceux des campagnes
fertiles. Les paiements se faisaient par échange, où avec une monnaie
confectionnée avec de l’argent mêlé de cuivre et d’étain voir du plomb, voir note *(6).
Chez nous les
relations entre « voisins » se faisaient par les ponts sur l’Argens
et permettaient de relier les villae d’Ascau
et du Vaillet de Correns aux Espéluques de Montfort, à Saint-Jean (de
Dodon) et Saint-Etienne-du-clocher dans la plaine de Carcès et à Saint Georges
à Le Val, J.M.M.
Puis, les modes de
fonctionnement de ces populations et les systèmes de circulation vers les ports
en bordure de mer, par la force des choses s’améliorèrent progressivement.
Après la conquête
romaine, à compter du 1er siècle de notre ère, les oppida furent peu
à peu abandonnés sur le plan économique, mais certains conservèrent leur rôle
de vigie. Le nouveau modèle urbanistique romain va s’installer progressivement
au profit de villae, où l’on verra
fleurir nombre d’agglomérations de plaine et d’établissements ruraux de plus ou
moins grande taille. Les habitats de hauteur furent délaissés, au profit des
basses terres de la vallée de l’Argens plus fertiles, vigne, olivier, céréales
(orge, épeautre, seigle, blé…), agrumes et autres produits de consommation
courante, fruits, légumes. L’élevage se diversifie, les animaux sont élevés à
la fois pour la viande et les laitages…
Ainsi, comme dans tout
le monde romain, les ruraux vont s’organiser autour de ces villae, véritables domaines structurés regroupant les habitations
des propriétaires, de la main d’œuvre, les bâtiments d’exploitation et les
fabriques artisanales. Il devait y avoir des pressoirs pour l’huile et le vin,
des celliers, greniers, étables (porcs, chèvres), écuries, volières, ateliers
de réparation, de céramique, un artisanat de l’os et de la corne, les fours à
chaux, etc… Ces villae étaient
dirigées par des maîtres de maison qui en confiaient l’administration et le bon
fonctionnement à un intendant. Souvent le propriétaire d’une villa était un colon romain démobilisé auquel
on a attribué des terres à exploiter, la plupart du temps en friche, mais sur
des terrains que l’on savait cultivables. Les paysans locaux indépendants,
s’installaient autour de ces propriétaires romains voir à leur solde, car ces
derniers exploitaient des domaines plutôt vastes et avaient grand besoin de
main-d’œuvre agricole.
Les modes de
construction de l’habitat traditionnel changent, du bois et torchis on passe à
la pierre, le charpentier s’efface peu à peu derrière le maçon, les fermes en
terre et en bois sont abandonnées et réservées à des fonctions utilitaires.
Certain lieux-dits sur
le territoire de Montfort peuvent laisser supposer qu’il y avait là des
carrières pour extraire et travailler la pierre, comme le grand et le petit Caire, lieux où l’on pratiquait la taille de
la pierre, des lieux où l’on extrayait la pierre à chaux pour lier les
maçonneries comme la Gipière, carrière de gypse, voir d’autres lieux comme les Gravières, les Roucas, les Clapouires,
où l’on trouvait d’autres types de matériaux de construction, sable, graviers
etc…
Souvent d’anciennes
implantations exploitées antérieurement sont réactivées comme celles de Correns
mise en évidence par J.M Michel, les villae Ascau et Béouvé exploitées vers la fin du 1er
siècle ap J.C, mais sur des sites déjà en fonction au 3ème siècle av
J.C, fin du 1er siècle av J.C. J.M.M nous apprend également qu’au 1er
et 2ème siècle, de petits établissements ruraux ont évolués en villae. Il a mis en évidence 5 petits
établissements : Le Vaillet,
Réal-Martin, Miraval, Les Aspras, Palière. La villa Ascau
était pourvue de thermes, d’un réseau d’assainissement, de peintures murales et
de placages de marbre. On y trouve des ateliers de tissage, harnachement
d’animaux, mais l’activité dominante devait concerner les productions oléicoles
et vinicoles, et le broyage des olives avec des machineries modernes. Il est
possible que les autochtones portaient leur production à faire broyer à la villa qui avait le matériel. Les excédents
des productions devaient assurer à son possédant des revenus substantiels.
A Montfort, une Villa romaine importante est signalé au
lieu dit Les Spéluques mise en
évidence sous ce qui sera un futur prieuré.
Cette villa des Spéluques avait des liens étroits avec
une autre villa sise sur les hauts de
Cotignac découverte récemment sous la chapelle du prieuré de Saint Martin.
Outre le système routier qui devait relier les deux sites et leurs villae, un aqueduc emmenait l’eau de
Saint Martin de Cotignac (quartier riche en sources) jusqu’aux Spéluques et même au-delà, dans la
plaine de l’Argens. Des restes archéologique de cette construction monumentale sont encore visibles sur deux
quartiers l’un du côté de Saint Joseph dit les
Brouadettes l’autre dit Cadeton-Les
muscatelles (largement remanié), au sud du prieuré des Spéluques. Celui de Saint Joseph-Les Brouadettes est décrit par
Messieurs Brun (en 1999) et J.J.M (en 2012) : Mur aqueduc d’époque romaine
traversant un vallon, d’une longueur de 25 mètres environ, d’une
hauteur de 1,15 mètres
et largeur d’1,5 mètre. Les quelques restes de cet aqueduc entre Cotignac et
Montfort ont tous des noms de « pont démolis » Pouont-fra (détruit), pouont-fraché
(fracturé), pouont-rout (rompu).
Il est donc probable
que dans cette zone des systèmes d’irrigation permettaient la culture de terres
du côté des Saintes Vierges
actuelles, ou de Castel lamar. La
construction de cette installation hydraulique est un bel exemple d’une
romanisation à travers une importation technique. Cette villa de Cotignac tout comme celle des Spéluques devait être
divisée en deux parties : la pars
urbana, résidentielle ; la pars
rustica dévouée aux activités rurales (dans le cas de la villa de Saint
Martin à Cotignac, le sol du bassin des thermes constitue un élément de la pars urbana de la villa. Les autres
éléments et la pars rustica n’ont pas
été retrouvés à ce jour). L’habitat autochtone de l’époque se trouvait sur ce
plateau autour de cette dernière et, outre les cultures il devait y avoir nombre
d’échoppes d’artisans. Ces deux grandes maisons de campagne ont du être tenues
par des personnages avec une position sociale importante car luxueusement
équipées, la présence de bains mis en évidence lors des fouilles sous l’abside
de la chapelle Saint Martin en atteste. En ce qui concerne les Spéluques, il aurait été trouvé dans les
jardins du futur couvent, au sud de la tour, de nombreux fûts de colonnes en
granit bleu ou en marbre blanc, des fragments de chapiteaux finement sculptés
que l’on attribue à la présence d’un temple, d’où déjà à l’époque un lieu de
culte, voir note *(7). La
description de ce matériel trouvé là, indique sans aucun doute un signe
extérieur de richesse et l’importance du lieu, tout comme la villa d’Ascau à Correns (thermes, réseau d’assainissement,
peintures murales, placages de marbre).
Un inventaire des
sites archéologiques répertoriés pour les périodes concernées et attestés par
Messieurs Bérato, Brun, Seillé et J.J.Michel, outre Castel rignaou, les Christaou,
les Spéluques et l’aqueduc
indiquent : Le Vallon de Robernier (Tégulae, imbrices, sigilées, commune,
dolium - Age du fer, époque romaine), Robernier (Tégulae, imbrices, sigilées -
Epoque romaine, Antiquité tardive), Les Saintes Vierges (Tégulae, imbrices,
commune, dolium - Epoque romaine), le clos d’Agon (Possible tumulus
date ?), Le Claoul de l’Eglise (Tombes sous tuile d’époque romaine), la
Source des Lombards (époque romaine), Les Cannebières (Sanctuaire de hauteur -
âge du fer, Bas-Empire romain), Les Pradariés (culée d’un pont d’époque
romaine, en rive gauche de l’Argens), Camp Fégou (Tégulae, meule en basalte,
céramique à pâte grise - Epoque romaine)….
En résumé, durant ces
siècles d’occupation, les romains ont eu l’intelligence d’intégrer les élites
celto-ligures à la citoyenneté romaine, ce qui a permis à ces peuplades
d’assimiler leur système politique et social. Ils se sont laissé intégrer
d’autant plus facilement que les romains tout en prenant en charge leur
sécurité contre le versement d’impôts, faisaient dans le même temps miroiter
aux élites Celtes une promotion sociale. C’est ce que l’on va appeler la
civilisation Gallo-romaine, sorte d’assimilation culturelle entre deux
civilisations.
Sur le plan religieux,
l’empereur réformateur romain Constantin 1er (272-337 ap JC)
établira la liberté de culte individuel et mettra fin aux persécutions des
Chrétiens. Ses réformes vont largement favoriser l’essor du Christianisme, voir
note *( 8). Cependant vers la
fin du IIIème siècle et au Vème siècle, l’empire romain commence à s’effriter.
Rome n’a plus de titulaire sur place à partir de 476, mais nombre de romains,
propriétaires ou non, resteront sur place et seront intégrés au pouvoir
politique et économique à travers l’ensemble de propriétés terriennes gigantesques
qu’ils possédaient avec leur défense et leur économie locale. Comme nous allons
le voir, ce système économico-politique sera pérennisé par le roi Ostrogoth
Théodoric le Grand.
En effet, au début du
5ème siècle vont commencer les coups de buttoirs des invasions dans
le cadre des guerres entre Francs, voir note
*(9).
Cette période s’étend
de 473 à 511, La Provence passera alors sous tutelle ostrogoth, avec à leur
tête Théodoric le Grand, voir note *(10).
Elle va ainsi bénéficier d’une période de tranquillité jusqu’au milieu des
années 530 : la pax ostrogothica.
En ce qui concerne nos
intérêts dans l’arrière-pays provençal, nombre de romains possédants restèrent
de façon permanente et furent intégrés au pouvoir ostrogoth. Ils étaient
devenus « goths de cœur », chargés des travaux de construction, de
maintenance et de fonctionnement des garnisons dans les villes et les places
fortes. Certains militaires romains devinrent propriétaires mais furent obligés
de verser l’impôt attaché. Nous ne savons pas pour l’heure ce que sont devenues
dans ce temps nos deux villae
romaines de Saint Martin à Cotignac et des Spéluques à Montfort. Peut-être
appartiennent t’elles maintenant à des notables locaux goths-romanisés ?
Vers 536, la Provence
passe aux mains des Francs, Clotaire devient souverain de Provence, voir note *(11).
Mais un nouveau danger
apparaît au sud de la Provence avec l’arrivée des musulmans (origine réelle
Arabie Saoudite ?), qui viennent de conquérir l’Afrique du nord, voir note *(12). Ils seront chassés par
Pépin le Bref (père de Charlemagne et fils de Charles Martel). A la mort de son
père en 741, il héritera de la Provence.
Cependant les sources
arabes et chrétiennes mentionnent l’existence d’établissements fortifiés peuplé
d’Arabo-berbères comme à la Garde-Freinet (Fraxinet) au Xème siècle, mais ce ne
serait là qu’une place d’où partaient des raids dans l’arrière pays, cette
période durera 80 ans entre 890 et 973. C’est à cette date que Guillaume 1er
(953-993) dit Le libérateur et son
frère Roubaud fils du comte d’Arles Boson II, écrasent les Sarrasins
(désignation des musulmans établis au sud de la France) à la bataille de
Tourtour (bien que nous n’ayons aucune preuve historique qu’elle ait bien eu
lieu là), puis les chassent définitivement de leur base fortifiée en Provence,
voir note *(13). Dans la seconde
moitié du 10ème siècle la Provence sort donc d’une longue période de
conflits politiques pendant laquelle les anciens monastères étaient devenus
plus discrets, voir note *(14). Cependant, la fondation de Montmajour en 954
et l’implantation des moines Clunisiens en Haute Provence marquent le début
d’une longue série de restaurations et de fondation de monastères bénédictins
avec l’appui des familles aristocratiques. La Provence ecclésiastique est divisée
en diocèses qui paraissent reprendre les territoires des anciennes cités
romaines, voir note *(15). En ce qui
concerne Montfort, l’existence d’une communauté de chanoines à Spéluque est attestée en 1028 par un
acte du cartulaire de Correns (Y.C). Cette communauté dessert l’église
Sainte-Marie de Spéluque dont on ignore la date de construction. Ce prieuré des
Spéluques est bâti en gardant la villa romaine en récupérant probablement
quelques structures agricole bâties antérieures, pour assurer la bonne marche
du domaine.
Pour les récompenser
de l’aide apportée pour libérer la Provence des Sarrasins, Guillaume Le Libérateur donne à ses proches des
fractions du territoire. C’est ainsi que Lambert Dodo, fils du juge Renard ,
originaire des environs d’Avignon et ayant des biens à Châteaurenard, acquière
autorité sur la haute vallée de l’Argens, Châteauvert, Correns, Le Val, Carcès,
Cabasse, Besse. En 1002, sa femme (Balda) et ses fils cèdent Correns à
Montmajour et installeront dans les restes d’anciennes églises un prieuré et
feront là leur nécropole, voir notes
*(16) et *(17). Dans cette donation sont mentionnées les limites du
territoire cédé. La limite Est n’est pas Montfort, mais Cotignac, ce qui laisse
penser que le site de l’oppidum n’est pas encore réoccupé. Le toponyme de Montem Fortem n’apparaît qu’au milieu du
XIIe siècle lors de confirmations à Pignans. Il faudra attendre 1118 pour que
soit mentionné le castrum de Monte forte. Ce qui constitue la première mention
de la coexistence de deux pôles distincts d’habitat, appartenant tous deux à la
collégiale de Pignans. Le castrum de
Monte Forto semble alors correspond au site de Castéou Rignaou qui conserve
des éléments médiévaux malgré le fort remaniement opéré par la mise en culture
à l'époque moderne. La descente de cet habitat de hauteur vers le noyau initial
du village actuel a été abordée précédemment (époque romaine).
Vers 1085, Aldebert
Dodo de Châteaurenard fait valoir ses droits sur Spéluque. A cette occasion,
cinq chanoines de Spéluque se rendent auprès de l'abbé de Montmajour,
Guillaume, et du prieur de Correns, Amalric, afin de soumettre leur communauté
avec ses possessions au monastère arlésien. Mais Aldebert Dodo réclame une
indemnisation pour sa part, que l'abbé et le prieur se refusent de payer et
qu'il doit négocier avec les chanoines de Fréjus. Le "locus" de
Spéluque est donné à Montmajour par les chanoines contre le "locus"
de Saint Raphaël". C'est à peu près à la même époque que l'abbé Richard de
Saint-Victor (Marseille), essaie d'annexer Spéluque, en même temps que Pignans
et Barjols, obtenant leur confirmation en 1085 et en 1099 des évêques de
Fréjus, Bertrand et Bérenger. Mais en parallèle, entre 1090 et 1106, Montmajour
arrive à se faire reconnaître la possession de Spéluque et de Barjols par
l'évêque Bérenger. Ces actes montrent qu'à la fin du XIe siècle les
collégiales sont sous la juridiction des évêques de Fréjus qui, sollicités par
les monastères, finissent par reconnaître des droits aux uns et aux autres, et
délivrent des confirmations qui ne prennent jamais effet, et en tout cas ne
semblent modifier en rien le statut des communautés. Ainsi, Spéluque ne devient
une dépendance ni de Montmajour, comme l'auraient souhaité ses chanoines, ni de
Saint-Victor, comme l'avait demandé l'abbé Richard, mais elle finit par être
rattachée à la collégiale de Pignans. En 1143, puis en 1152, sont en effet
confirmées à Pignans l’église Sainte-Marie de Spéluque et Montfort. En 1188,
dans la confirmation par Clément III des biens du prieuré de Pignans, est
mentionnée l’ecclesiam sancta Maria de
Speluca cum adjancinti villa et cum castro de Monte Forto cum suis pertinentiis.
Ce texte nous apprend l’existence d’une villa
qui jouxte l’église. En 1188 la villa
est donc toujours en place.
D’autre part, il
désigne Montfort par le terme castrum
alors que précédemment le nom seul de Monfort était cité. Il révèle l’existence
de deux sites d’habitat proches, l’un situé en plaine à proximité de l’église
Sainte-Marie, l’autre en hauteur et fortifié. Il est donc possible que ce soit
durant cette période s’étendant de la fin du 11ème siècle, début du
12ème siècle que les Châteaurenard aient entrepris de moderniser,
réorganiser voir de reconstruire une place forte sur l’emplacement de l’ancien
oppidum (ou castel primitif). A propos de l’idée de réinvestir l’ancien oppidum
on pourrait envisager l’hypothèse que ce soit le frère d’Eldebert, Renouard de
Châteaurenard, qui tenait en co-seigneurie une partie des terres Montfortaises,
voir déjà Renard de Châteaurenard, juge, décédé vers 965-966, qui aient initiés
ces travaux. (B.F.de Bézaure (ancien archiviste de la bibliothèque La Méjanes à
Aix-en-Pce), nous apprend que « Le château de Montfort présentait
seulement une tour lors de la donation aux Templiers par le comte de
Provence »…). De là viendrait le
nom de ce lieu Castéou rignaou. A
l’est de ce site s’en trouve un autre sous l’appellation de Christaou, voir note *(18).
Le prieuré des
Spéluques, tout comme celui de Saint Martin à Cotignac était muni d’une tour de
défense, castrum Spelluca, démolie à
Saint Martin mais encore bien visible
aux Spéluques. Outre les Spéluques citadelle chargée des
commandes du défilé de l’Argens, protégée par un mur d’enceinte, d’autres lieux
indiquent que les habitations étaient défendues par des postes militaires plus
ou moins importants. On peut nommer au moins cinq autres lieux Camp-Fegou
(tourné vers Correns), Campe-denro (tourné vers Carcès), Castel l’amar et le
Camp-Senès (tournés vers cotignac), le Touret (un endroit en hauteur d’où
l’on pouvait se faire des signaux et passer des messages de loin en loin).
En 1112, l’Aragonais
Raimond-Béranger 1er , comte de Barcelone et de Provence confirme à
la famille des Châteaurenard le fief de Montfort, Varage, Correns, Châteauvert,
Carcès, Entrecasteaux, Salerne, Lorgues, Besse etc. Y.C nous apprend qu’en 1152,
« l’église Saint-Marie des Spéluques est de nouveau mentionnée dans les
possessions de Pignans et porte le toponyme de Montfort. L’emploi du toponyme
peut alors traduire l’apparition du castrum
de Montfort qui aurait été érigé entre 1143 et 1152 », dates qui
marqueraient la construction d’un château « neuf » et donc la fin
progressive de l’utilisation de l’oppidum et le début de l’installation autour
du château des habitants, créant ainsi le village qui prendra alors le nom de
Montfort. En contrebas au sud du château sera construite l’église dédiée à
Saint Blaise, citée dans la bulle du Pape Eugène III en 1152, qui en fait
donation à l’église de Pignan. Cette église à l’intérieur des remparts est donc
la première église du village, concurremment à l’église du bourg des Spéluques
(ce n’est donc pas une église Templière). Le dernier seigneur du nom fut
Guillaume IV qui mourut aux croisades et sa veuve Emerssende vendit alors la
baronie en 1170 au comte de Provence Alphonse Béranger 1er d’Aragon
qui léguera à son tour le bien à son fils Alphonse II Béranger (marié à
Garsende de Sabran en 1193) qui devient comte et marquis de Provence en 1196.
En 1197, Foulques de
Pontevès donne aux Templiers de Ruou (commune de Villecroze) tout ce qu'il
possède à Montfort et dans la vallée de Carcès. L’acte fut signé dans la maison
des tailles de Marseille en présence de l’évêque et de son cousin le vicomte
Roncelin. En 1207, Alphonse II comte et marquis de Provence fait donation aux
frères de la maison du temple située près de Hyères et à Guillaume Gralhi tous
ce qu’il possède dans le territoire comme biens et comme droits dans le castrum de Montfort, plus un droit
d’Albergue, les droits de justice, fiefs, pâturages et autres… L’acte fut passé
au château du Puy-Sainte-Réparade en présence de l’archevêque d’Aix et de
plusieurs frères du Temple, Guillaume de La tour commandeur d’Aix, Pierre
d’Alègre, Bertrand de Gardanne, S. Garanos, Hugues Déodat, Hugues Bodon.
(Source Marseille. Archives Départementales. 56 H. ancienne côte, 56 H 5282 et
B.4, fol 185).
Raimond de Cotignac,
voir note *(19), chevalier du
Temple, fait donation à l’ordre du Temple, le 30 septembre 1230, dans la ville
d’Acre, de tous les biens qu’il possédait de son chef et de celui d’Adélaïde,
sa mère, au lieu de Montfort, il était membre de la commanderie de Ruou. Dans
les années 1230, sont mentionnés le castrum
de Mont Fort et le castrum Spelluca.
Une sentence arbitrale, en 1240, délimite le territoire de Correns d’avec celui
de Spéluque et de Monfort, associant les deux lieux et les deux populations
comme s’il s’agissait d’une seule entité territoriale. Elle confirme à Spéluque
l’appartenance de l’écluse et de la prise d’eau qui alimente le moulin de
Spéluque. Elle exige du prieur de Correns de les respecter ainsi que le béal,
canal allant de l’écluse au moulin. Lors de l’enquête de 1252, les deux
habitats sont toujours distingués. Spéluque est désigné par le terme villa, alors que Montfort l’est par
celui de bastida. Ce changement de
vocable peut laisser entendre que le site de hauteur (ex oppidum), est délaissé
au profit d’un élément fortifié, noyau probable de la partie ancienne du
village actuel (translation qui a du déjà être engagée comme nous l’avons vu
dès le milieu du 12ème siècle).
Dans l’inventaire des
biens des Templiers fait en 1308, au moment de la suppression de l’ordre par
Philippe le Bel en 1307, la dépendance de Montfort est qualifiée : « domus seu fortalicium »,
insistant encore sur l’aspect défensif du lieu. Outre cet édifice, ils possèdent un cuvier, une grange avec jardin
attenant et plusieurs terres. A côté des quelques objets tenus par les frères,
sont entreposés le fruit de leurs récoltes. Le texte donne le nom de quelques
quartiers dans lesquels les Templiers possèdent des biens : Sual, Fons Petita, La Figuera, Cortz dell
Hugas, Carramagum, Bompierra, Rourebeil et la Condamine. En 1315, Montfort
compte 18 feux de queste et Spéluque 13. En janvier 1315, les biens du Temple
sont remis à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Saint Jean de Jérusalem.
L’enquête de 1338 permet de connaître
l’étendue de leurs possessions à Montfort soit : 68 hectares de terres
de plaine au rendement élevé (6 pour 1) et 24 hectares de terres
de colline de valeur moyenne, 3 hectares de prés et 2 hectares de vignes. La
totalité du castrum leur appartient.
Parmi les maisons de l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem citées en
1351, celle de Montfort est nommée : domus
Templi de Monteforti, conservant le souvenir de son appartenance au Temple.
En 1371, on dénombre 15 feux de seigneurie ecclésiastique à Montfort ainsi que
20 à Spéluque , ce qui est étonnant pour un habitat ouvert et dans ces temps
d’insécurité. Lors des troubles de la fin du XIVe siècle, ni
Montfort, ni Spéluque ne bénéficient d’une diminution de leur contribution
fiscale. Au contraire, le commandeur est plusieurs fois mis à contribution pour
participer à l’effort de guerre. Ruou ayant été détruit vers 1360, Montfort
devient siège de commanderie. Le castrum
qui était affermé avec Spéluque 120 florins en 1398, compte 11,5 feux fiscaux
deux ans plus tard alors que Spéluque
est déclaré inhabité. En 1411, les enquêteurs de l’Ordre estiment que les murs
du bâtiment principal sont en bon état, mais qu’il convient de réparer la
toiture. La chapelle Saint-Blaise est « bonne et forte », mais le nécessaire
liturgique fait défaut. En 1418, le nombre de feux fiscaux de Montfort tombe à
6, représentant une diminution de 48% du potentiel fiscal par rapport à 1400.
En 1471, 23 larem foventes (faisant
feu) y sont recensées, Spéluque reste inhabité.
Aujourd’hui, le
château (inscrit M.H.) est un grand édifice d’allure Renaissance. Au sud de l’édifice, la chapelle
Saint-Blaise, à nef unique et abside semi-circulaire, est transformée en
habitation. Le tracé de l'enceinte du village médiéval est reconnaissable, mais
l’enceinte elle-même a été fortement remaniée du fait de son intégration dans
le bâti du village moderne. L’élément le mieux conservé est une tour-porte à
bossage située à l’est.
Spéluque mentionné
inhabité en 1471 l’est toujours en 1518
ce qui n’empêche pas la mention du prieuré parmi les églises relevant de
la prévôté de Pignans. Une enquête de 1540 sur les lieux inhabités indique que
: « audict Spelluco nya point de maisons ny habitans sinon quelques murailles
dirruptes, et une eglise et clastre encore entieres, laquelle eglise ont dict
est eglise parochialle dudict lieu de Montfort ; le terroir dudict Spelluco et
de Montfort nest que ung terroir, mesme juridiction et un dismarie ». L’enquête
précise qu’à Montfort « compris ung
masage nommé Lombarde, il y a 70 maisons ». L’église de Spéluque est toujours
l’église paroissiale mais en 1582, lors de la visite pastorale, le représentant
de l'évêque ordonne de construire une nouvelle église sur un point plus
rapproché du centre des habitations. En 1601, la nouvelle église est en
construction En 1629, le prieuré
Notre-Dame de Montfort, soit Spéluque, est transféré à la maison des Pères de
l'Oratoire de Notre-Dame de Grâces de Cotignac, transfert officialisé par la
Bulle d'Urbain VIII et effectif l’année
suivante. Sur le territoire de la communauté persiste la présence de deux
seigneurs, les Hospitaliers, appelés désormais chevaliers de Malte, et les
Oratoriens.
La présence de deux coseigneuries
n’entame pas l’unité de la communauté qui s’est créée à la suite de la
désertion de Spéluque. Bouche écrit en 1664 à propos de « Speluca » et «
Monteforti » : "ils sont si proches et si contigus, qu'ils sont maintenant
confondus ensemble, faisant un seul cadastre, pour le terroir de tous les deux
; et toutefois ce sont deux fiefs séparés : celuy de Speluque appartient au
Prieuré de l'Eglise Parrochiale, qui est maintenant uny, depuis 30 ans à la
Chapelle de Nôtre-Dame de Grâce, où sont les Pères de l'Oratoire ; et celuy de
Montfort, à la Religion de Malthe. Néanmoins il n'y a qu'un seul Prieur, qui
tire le disme de tous les deux".
Le village de Montfort
et sa population se sont développés. On compte en 1698 130 maisons, 170 chefs de famille. En 1716,
Montfort comporte 192 familles et 743 habitants. La population est en
augmentation en 1765 puisqu’on relève 152 maisons, 853 habitants.
Une tradition orale
impossible à vérifier raconte que : Lors
des guerres de religion, l’ancien mont fortifié du Castéou Rignaou fut entièrement massacré abandonnant définitivement
le lieu… Si cette assertion est vraie, elle indique que le site de
l’oppidum n’a jamais été entièrement déserté mais occupé par une paysannerie
qui y possédait des terres cultivées en restanques… Mais j’arrête ici cette histoire car le
village tel qu’il se présente aujourd’hui est maintenant bien restitué !
Post scriptum
Le village est divisé
en quartiers ou lieux-dits, lesquels ont tous un sens qu’il convient d’étudier,
car ils donnent souvent des indications précises sur leur fonction et le rôle
qu’ils ont joué par rapport au village. J’en ai compté pas loin de 90…, en
cours d’étude, voir note*(20).
Remarque d’ordre général : Il est fort dommageable que
l’urbanisation galopante ne permette plus aux archéologues de faire les
investigations préliminaires nécessaires pour parfaire nos connaissances sur le
pays. De sévères travaux de terrassement récents sur la colline de
Saint-Joseph, faute de fouilles archéologique préalables, ont sûrement détruit
de précieuses informations qui, hélas pour nous, sont à jamais perdues… C’est
dommageable, car il aurait été important de comprendre mieux l’organisation
spatiale du territoire suite à la venue des Grecs puis des romains qui va
conduire à une profonde transformation des habitats, des systèmes de
circulation et d’exploitation des terres et profondément bouleverser la vie des
autochtones… Ces travaux intempestifs toujours exécutés dans la précipitation
sont d’autant plus dommageables qu’énormément de matériel archéologique, comme
nous l’avons vu, avait été retrouvé dans la plaine et dans les collines
environnantes, « céramiques dites campanienne, des débris de dolia, des
fragments de meules, et de tuiles gallo-romaines, et nombre de céramiques allant
du 2ème siècle av J.C jusqu’au 5ème siècle ap. JC et même
au-delà »…conf J. Seillé.
Notes
*(1) L’âge du fer : 7ème siècle jusqu’à la fin du 1er
siècle avant J.C.
1er âge du
fer : Age du fer 7ème – 4ème siècle av J.C.
2ème âge du
fer : 3ème – fin du 1er siècle av J.C.
Haut Empire et Bas
Empire : 27 av J.C – 4ème
siècle après J.C
L’Antiquité
tardive : 5ème siècle – 7ème siècle ap JC *( ?)
Le Haut
Moyen-Âge : 8ème siècle 10ème siècle *( ?).
L’Epoque
médiévale : 11ème siècle – 14ème siècle
L’Epoque moderne :
15ème siècle (jusqu’à, en ce qui nous concerne, l’installation de
l’Ordre de Malte à Montfort, à la suite des Hospitaliers qui succèdent aux
Templiers présents dès la fin du XIIe siècle).
*( 2) Des dirigeants nobles sont à la tête de tribus qui se mettent à leur
service contre protection et subsistance. Cette plèbe rassemble des hommes
libres, de toute condition, qui doivent accourir au moindre appel, notamment en
cas de conflit armé. Seuls les aristocrates possèdent une monture. Ces hommes
ont la réputation d’être les meilleurs cavaliers du monde antique. Si l’armée
de métier n’existe pas, de petites garnisons affectées à la surveillance des
personnes et des marchandises sont stationnées sur les grands oppida. Les
esclaves, interdits de guerre sont, comme dans toutes les civilisations
antiques, privés de tout droit. Ils peuvent être vendus, échangés, affranchis.
Les mariages sont l’occasion d’établir des alliances familiales. Maris et
femmes ont une communauté de biens. Les tribus puissantes ont constitué des
Etats et créé une véritable administration. Etat-civil, perception,
recensements des terrains, conservation des testaments, mais aussi commerce et
frappe monétaire donnent lieu à des archives.
*( 3) Divinités néolithiques/préceltiques : Le
substrat religieux préceltique se retrouve dans la pratique d'un animisme
localement vivace chez les gaulois, qui associe, par exemple, une déesse à une
rivière ou à une source. On trouve ainsi Abnoba et Arduina, déesses de la forêt, Damona, Dunisia, Niskae, Ilixo, Lugovius, Ivaos, Moritasgus, Nemausus, Arausio, Vasio,
divinités des sources.
Dieux et
Déesses Celtiques : Toutatis dieu du ciel, Taranis dieu
solaire et le dieu céleste. Ses attributs indiquent qu'il est en outre dieu du
tonnerre, dieu de la guerre, dieu du feu, dieu des morts, mais aussi dieu du
ciel. Ésus est un dieu artisan, dieu des voyages, protecteur des
commerçants, défricheur de forêts et charpentier. Lug inventeur et praticien de tous les arts. Sucellos est un dieu au maillet (qui tue et ressuscite) et au
tonnelet (symbole de prospérité), Dieu des forêts et de l'agriculture.
Cernunnos est un dieu-cerf, vraisemblablement
le grand dieu primordial, dieu de la nature et des forêts, dieu de la
fertilité, il est aussi le dieu solaire qui forme avec la déesse Dana (la
déesse mère, la lune) le couple qui donna vie à toutes les divinités celtes, Épona (du gaulois epos : cheval) est la
protectrice des chevaux, Damona, est la déesse des sources, Taranis
symbole de la roue solaire, Borvo est le dieu du feu souterrain et
des sources bouillonnantes, Ogmios est
assimilé par les Romains à Hercule, Belisama (la très brillante) est la principale divinité
féminine, divinité du feu, Maponos est
le dieu de la force et de la vigueur, Nissyen et Evnissyen sont des dieux jumeaux.
Lors de leur
installation, les peuples celto-ligures découvrent une source sise dans les
Alpilles près de Saint-Remy. Persuadés des bienfaits de cette eau guérisseuse, ils baptisent le Dieu
de la source « Glan » et nomment leur village
fortifié Glanon, qui deviendra Glanum à l’époque romaine. Ce dieu avec d’autres sera frappé sur les monnaies.
En même temps que le dieu Glan sont révérées, comme souvent dans le monde
celte, des déesses-mères auxiliaires ; ce sont les mères Glaniques, qui
ajoutent à la physionomie sans doute un peu altière de Glan un élément
féminin.
*(4) Chacun voulait être maître de la Sicile. En 264 les romains débarquent sur
l’île pour venir en aide à la ville de Messine assiégée par le roi de Syracuse,
en fait dans l’espoir de s’emparer de l’intégralité de ce territoire qui
appartenait à Carthage. En 241 Rome
vaincra, et les Carthaginois devront céder la Sicile et la Sardaigne. Hannibal,
général Carthaginois en 219 av J.C s’empare de Sagonte ville espagnole située
dans son domaine ibérique, mais liée à Rome par un traité. Puis avec l’appui de
la péninsule Ibérique qui lui fournissait hommes, blé et or, il passe les
Pyrénées, traverse la Gaule avec la complicité des Celtes, les Alpes, et
pénètre en Italie. Le Sénat romain entre temps, sous la conduite du consul
Fabius avait déclaré la guerre à la cité africaine. Après quelques victoires
dont celle de Capoue il se trouve en 211 av J.C sous les murs de Rome. Mais
Hannibal n’avait pas de troupes entraînées à assiéger une ville et les romains
adoptèrent une stratégie de guérilla (harcèlement, embuscades, coup de main),
tactique qui permit de repousser Hannibal vers l’Italie du sud où il y créa un
Etat punique. L’extraordinaire potentiel démographique de l’Italie va permettre
à Rome de dégager son territoire, ils s’emparent de Syracuse et de Carthagène.
Hannibal doit revenir d’urgence à Carthage car le général romain Scipion à
débarqué en Afrique du nord. Il sera défait à la bataille de Zama en 202 av
J.C. Carthage qui a cédé l’Espagne devient un vassal de Rome, mais parvient peu
à peu à retrouver son éclat économique, et peut à nouveau représenter un danger
pour Rome. Scipion fera le siège de la ville de Carthage durant trois années et
ce ne sera qu’en 146 av J.C qu’il parvient à forcer les portes de la cité et
finira par raser la ville.
*(5) En 154 av JC, il y avait déjà eu une première incursion romaine au-delà
des Alpes contre les ligures près d’Antibes, mais c’est en 125-121 av JC, que
prennent forme de vastes opérations militaires romaines en gaule pour défendre Massilia face à ses voisins. C’est le
début de l’occupation romaine avec la guerre des Gaules, et une importante
garnison romaine sera installée à Aquae
Sextiae (Aix).
A la fin de chacune de
ces périodes de guerre Rome impose des paix sous forme de traités à ses ennemis
vaincus. Tous les territoires annexés, dont la Provence, vont alors connaître
une période de prospérité durant laquelle Rome ne connu ni guerre ni invasion
majeure, si ce n’est à la périphérie de ces mêmes territoires conquis où là,
les répressions seront sévères (les peuples germaniques et parthes au nord Est
de l’Iran). Ce moment est connu sous le nom de Pax romana. Elle va permettre une ère plus sereine et de grande
stabilité s’accompagnant du développement des infrastructures, des ports et
voies pour assurer une meilleure économie à l’Empire. On s’accorde à dire que
cette période s’étend de – 27 av J.C jusqu’en 180 ap J.C (mort de l’empereur
Marc Aurèle).
*( 6) À l’origine de la monnaie frappée en Provence, la cité grecque de
Massalia. Elle va émettre un imposant monnayage à partir de la fin du VIe
siècle jusqu’au milieu du Ier siècle av J.-C. En dehors de l’existence d’un
monnayage archaïque local, qui ne durera pas et que l’on qualifie de
“gréco-provençal”, la production massaliète va s’imposer quasi unilatéralement
dans le milieu indigène du Sud-Est pendant quelques siècles. Ce n’est qu’à
partir du IIe siècle, malgré des tentatives plus précoces, que vont apparaître
des séries d’imitations locales mélangées à des frappes “exogènes” d’origine
gauloise, ibère ou autres. À partir de la création de la Provincia, de nouveaux
monnayages plus ou moins indépendants vont apparaître sur ce secteur.
L’influence de Massalia sur ces séries restera cependant sensible jusqu’à sa
chute en 49 av. J.-C. Au sein de la Gaule du sud-est, un certain nombre
d’entités commencent à émettre leur propre numéraire. L’une des premières fut
probablement la Glanon gallo-grecque qui va émettre à la fin du IIe siècle une
drachme et une obole à son nom. A compter du 1er siècle. À cette
époque, de nombreux roitelets ou ethnies vivant dans l’orbite
massaliète, voire au-delà, vont émettre des séries en y adjoignant parfois
leur nom en gallo-grec puis peu à peu en latin. La situation est identique
pour l’obole de Marseille qui sera copiée à la même époque par certaines
ethnies salyennes et par d’autres tribus de la transalpine. (Jean-Albert
Chevillon)
*(7). Remarque : Ce temple a été découvert dans les jardins du futur
couvent au sud de la tour, ainsi que de nombreux fûts de colonnes en granit
bleu ou en marbre blanc, des fragments de chapiteaux finement sculptés.
*( 8) J.M.M : En 353, en Arles, sera promulgué un édit interdisant de
sacrifier aux divinités païennes. En 391 et 392, Théodose édicte l’interdiction
des cultes païens et le fermeture des temples.
*(9) Entrent en scène pour cette période les Burgondes avec Gondebaud
(450-516), Chilpéric II (mort en 486), Godomar II, Sigismond (516-524), Godomar
III (524-534) ; les Francs avec Clovis (466-511) et ses fils Thierry 1er
(vers 485,490-534), Clotaire (498-561), Thibert 1er (496-548) ;
les Ostrogoths avec Théodoric le Grand
(455-526), Vitigès (490-542), Théodat ; et les Wisigoths avec Euric
décédé à Arles en 484, Alaric II et Amalaric fils d’Alaric. C’est une période
complexe faite d’alliances et de mésalliances au grès des intérêts de chacune
des parties, de guerres fratricides, de partage des territoires au fil des
mariages et des héritages successifs, voir ( ?).
*(10) Le groupe qui pour l’heure me semble le plus important est celui des
Ostrogoths (originaires d’Ukraine) qui, après s’être installés dans les Balkans
entre 473 et 488, menés par leur roi Théodoric s’établiront en 493 en Italie et
feront de Ravenne leur capitale. Ils considéraient la Provence comme un élément
majeur entre leur royaume et celui des Francs, l’un et l’autre hégémoniques et
dangereusement concurrents. Il leur fallait absolument tenir l’ancienne
résidence impériale d’Arles qui était un centre administratif extrêmement
important, et la cité de Marseille en tant que port économique et stratégique
sur la méditerranée. Théodoric y établit de vastes entrepôts de grains et de
munitions pour ses troupes et la construction de nouveaux quais témoignent du
dynamisme de la cité car il effectue une répartition des denrées essentielles
vers les régions qui en manquaient, il n’hésite pas à faire profiter la
Provence des richesses de la péninsule, d’où un trafic intense entre Marseille
et les ports Italiens importants jusqu’en Sicile. La ville gallo-romaine
d’Arles aux mains des Ostrogoths est prise par Euric roi des Wisigoths en 476.
Cela va susciter la convoitise des Francs et des Burgondes car cette ville
était prospère et contrôlait le trafic commercial entre l’Europe du nord et la
méditerranée. Suite au décès du roi Euric en 484, son fils Alaric II prend
possession des terres provençales très vite convoitées par les Francs, lesquels
battront les Wisigoths à la bataille de Vouillé (région de Poitiers) en 507 où
Alaric perdra la vie dans le combat. Suite au décès d’Alaric le pouvoir
wisigoth est en pleine déliquescence. Les Francs et leur allié Burgondes
profitent de cette occasion pour tenter d’annexer la Provence et forment une
coalition. Commence alors le siège de la ville d’Arles 508-509 qui deviendra
Franque. Les campagnes victorieuses des troupes ostrogothiques de 511
permettront de dégager Arles et de reprendre aux Francs un large espace
géographique. La ville d’Arles ancienne capitale impériale redevient siège de
la préfecture des Gaules, et recouvre ainsi sa suprématie traditionnelle de
capitale politique et religieuse avec un personnage important l’évêque Cézaire.
Ce dernier fera tout pour contrarier les volontés de contrôle des églises de
Gaule du roi catholique Clovis afin de maintenir la prééminence d’Arles au
détriment de Paris.
La Provence passe
alors sous tutelle ostrogoth. Elle va bénéficier d’une période de tranquillité
jusqu’au milieu des années 530 : la
pax ostrogothica. Théodoric va renouveler les liens entre la Provence et
l’Italie, il rétablira le cadre administratif romain traditionnel en maintenant
les structures romaines existantes aussi bien sur le plan économique que
politique, mais en les doublant d’un magister
officiorum goth pour être sûr que les édits royaux soient bien exécutés
selon ses désirs sous la férule de Liberius, Préfet des Gaules, nommé par
Théodoric dès 511.
*( 11) Pour mémoire, à la fin du 5ème siècle les Ostrogoths contrôlent
la Provence et l’Italie, les Wisigoths l’Aquitaine et l’Espagne, les Burgondes
un royaume assez considérable dont les limites sont au nord Langres, au midi
Cavaillon, à l’ouest Nevers, et au nord est jusque sur les bords du lac de
Constance.
Pour mémoire le roi
Franc Mérovée repousse Attila en 451, début de la dynastie mérovingienne avec
Clovis, Charles Martel, Thierry IV, puis de 751 à 987 dynastie carolingienne
avec Pépin le Bref, Charlemagne,
Louis le Pieux, Lothaire, Louis V qui
décèdera en 987.
En 533, le pouvoir
ostrogothique en grande difficulté commence à négocier la cession de la
Provence en échange d’une alliance avec les Francs. En 534 ces derniers
annexent la Burgondie. En 536, Vitigès général
élu Roi des Ostrogoths en conflit en Italie contre les Byzantins de Justinien 1er
et dans l’incapacité de défendre la Provence, pour assurer ses arrières la cède
aux Francs, et cette province restera soumise à ces derniers. Clotaire devient
souverain de Provence et en 561 la Gaule et la Provence sont partagées entre
ses fils (La Provence restera Franque jusqu’au 14ème siècle).
J.M.M : En 561,
le découpage de la Provence en trois parties est réalisé par les Francs. Divers
partages se produisent au cours du 7ème siècle. Dagobert regroupe
l’ensemble de la région autour de son royaume, situation qui se maintiendra
sous Pépin-le-Bref à partir de 761.
L’époque carolingienne
débute avec l’empire créé par Charlemagne en 814, qui est ensuite partagé entre
ses fils en 843, où Lothaire reçoit le territoire qui s’étend des Pays-Bas à la
Provence. Et c’est à partir de 879 que se dérouleront les incursions
sarrasines, jusqu’à leur écrasement en 972 par les fils du comte Boson,
Guillaume et Roubaud, dont le premier deviendra comte de Provence et fera
bénéficier ses affidés des biens conquis.
*( 12) Pour le compte du calife de Damas, les troupes composées alors
essentiellement d’arabo-berbères (suite à la conquête de l’Afrique du nord)
envahissent l’Espagne en 711, puis traversent les Pyrénées et viennent
s’établir en Languedoc durant une bonne partie du VIIIème siècle et c’est à
Narbonne que ces troupes se fixent durant une quarantaine d’années de 719 à 759
date à laquelle ils seront chassés par
Pépin le Bref (père de Charlemagne et fils de Charles Martel). A la mort de son
père en 741, il héritera de la Provence.
*(13) Mais cette campagne militaire contre les Sarrasins va permettre à
Guillaume une mise au pas de l’aristocratie locale et des communautés urbaines
et paysannes qui avaient jusque là toujours refusé la mutation féodale et le
pouvoir central. Guillaume redistribue les terres reconquises à ses vassaux, il
arbitre les différents, contrôle le fisc et crée ainsi la féodalité provençale.
Mais Guillaume de Jerphanion m’explique
que c’est un peu plus compliqué que cela trop long à expliquer dans mon exposé.
*( 14) Dès la fin de l’Antiquité sont créées les première paroisses baptismales
dans les bourgades secondaires des diocèses pour desservir plusieurs habitats.
Il faut se remettre dans le contexte d’une société où la foi est profonde, la
peur de l’enfer très forte. La vie de chacun se déroule, de la naissance
jusqu’à la mort, dans un cadre religieux (baptême, eucharistie, mariage,
enterrement). Le clergé encadre les fidèles et surtout s’occupe de
l’enseignement ce qui lui assure un contrôle efficace de la vie des fidèles.
Elle a le pouvoir d’excommunication sur ceux qui n’acceptent pas ses
commandements. Elle est une institution très puissante jouant un rôle
économique, social et culturel. A partir du 8ème siècle, on assiste
à la multiplication des paroisses rurales ; les oratoires privés fondés
dans leur domaine par les laïcs, mais aussi par les évêques et les monastères,
sont détenteurs de droits paroissiaux. Les fidèles des campagnes souhaitent
trouver là où ils vivent, une église où ils puissent suivre la messe et faire
baptiser leurs enfants. C’est l’époque où l’on abandonne les nécropoles de
plein champ, époque aussi où les seigneurs laïcs propriétaires d’églises
paroissiales ou de prieurés avec les terres qui leur permettaient de vivre,
commencent à faire don des biens religieux qu’ils possèdent, soit à des
monastères soit à un évêque. Mais si ces seigneurs dans la majorité des cas le
font dans la crainte du Jugement dernier et le salut de leur âme, dons de
biens terrestres en contrepartie de biens spirituels, donatio pro anima (don pour le salut de l’âme), les nombreux procès
et arbitrages entre seigneurs locaux et l’église sous entend d’autres
problématiques soient de pouvoir soient économiques. Au 12ème siècle
les prieurés ont une importance majeure et les donations à leur endroit
prennent le pas sur celles faites à l’évêque et son chapitre. Les moines sont
soucieux de défendre leur domaine foncier tout autant que seigneurial et
doivent s’assurer de la rentrée des différentes coutumes et redevances dont la
dîme, impôt sur les produits du sol, de l’élevage, bénéfices commerciaux, de
toute propriété quelles soient celles des nobles, des roturiers, et même les
biens personnels des ecclésiastiques, les sacrements. Elle était reversée à
l’église pour l’entretien des bâtiments religieux, à fournir les moyens
d’existence aux desservants ainsi qu’à l’action charitable envers les fidèles.
Cependant les deux parties y trouvent leur intérêt, les fondations monastiques
établissent la puissance des abbayes et contribue à structurer le réseau
paroissial à la satisfaction de l’épiscopat.
*(15)
Sur le plan géographique les diocèses qui nous concernent sont au nombre de
six qui sont : Le
diocèse de Marseille ; le diocèse d’Aix-en-Pce, dont parmi les
communes qui nous sont limitrophes sont : Besse, Bras, Brignoles, La
Celle, Le Val, Châteauvert, Correns ;
le diocèse de Fréjus, dont parmi les communes qui nous sont limitrophes
sont : Aups, Barjols, Salerne,
Sillans, Villecroze, Vins, Entrecasteaux, Lorgues, Carcès, Cotignac, Montfort, Pontevès ; le diocèse de Riez ;
le diocèse de Senez ; le diocèse de Toulon.
Dans son diocèse
l’évêque exerce une autorité souveraine qui déborde largement les affaires
religieuses. Il détient un pouvoir politique et économique analogue à celui
d’un seigneur laïc. Souvent l’activité religieuse est à l’origine du
développement d’une cité, d’autant plus si elle est épiscopale. La présence de
l’évêque amène dans la ville une « clientèle » spécifique souvent
très religieuse et les fêtes des Saints dont elle abrite les reliques attirent
les pèlerins et les villageois des petites cités. On s’arrange toujours pour
que les foires urbaines aient lieu le jour de la fête d’un saint local. La
foule des fidèles constitue pour les marchands une clientèle potentielle du
plus haut intérêt. On pourrait scinder la période s’étendant du 5ème
au 9ème siècle en deux mondes : celui des villes tenues par les
ecclésiastiques, riche, et celui des oppida, moins nanti. Des conflits
d’intérêt survenaient souvent entre le seigneur laïc face au pouvoir
grandissant de l’évêque. Charles Martel voyant le danger confisque les biens du
clergé qui passent dans la dépendance du
Duc des Francs, puis des souverains carolingiens. Vers la fin du 9ème siècle les princes s’emparent des
sanctuaires situés dans leur zone pour renforcer leur pouvoir. Certain de ces
sites sont fortifiés tout au long du 10ème siècle et, face à
l’enceinte antique et le château seigneurial se dresse le castrum monastique. A sa tête se trouvait alors un abbé, clerc
séculier responsable du sanctuaire.
*(16) J.M.M nous apprend que « cette lignée apparaît au cours du 10ème
siècle. L’ancêtre de cette filiation serait selon Jean-Pierre Poly, un juge
Renard décédé en 965-966, qui possédait les terres de Chateaurenard et dont dépendait
un vaste patrimoine aux alentours immédiats de Châteauvert, Paracol au Val,
ainsi qu’à Correns ». On pense que ce fief aurait été donné à cette
branche des Châteaurenard par Guillaume 1er dit Le Libérateur. Cette famille de la haute aristocratie provençale
qui avait des biens dans le comté d’Avignon prit ainsi possession loin vers
l’est, la haute vallée de l’Argens, et aura, vers 1002-1010 sa nécropole dans
le prieuré de Correns.
*(17) Source : Thierry Bianco.
Guillaume souligne que cette source n’est pas sûre du tout, d’où un certain
nombre des indications ci-dessous ne sont pas exactes ou pas fondées…
Walo de Châteaurenard vers 870. Il a un fils avec X, Renard de Châteaurenard né
vers 900, profession Juge d’Arles. Renard
de Châteaurenard aura un fils Lambert
Dodon de Châteaurenard né vers 940. Lambert
Dodon de Châteaurenard épousera Balda
de Riez née vers 950. Ils auront 4 enfants : Beliedis de Châteaurenard qui épousera Adalelme d’Avignon ; Aldebert de Châteaurenard qui épousera Mathilde de Pontevès ; Renard (Renaud) de Châteaurenard, né
vers 970, épousera Beliede Dame de Châteaurenard ; Vitmar de Châteaurenard, né vers 970. Auraient ’ils eu une autre
fille du nom d’Aujarde ?
Adalelme serait donc le beau-frère d’Aldebert.
Balda, née vers 950, épouse Lambert Dodon.
Aldebert de Châteaurenard, né vers 970, décédé vers 1015. Fils de Balda, épousera
Mathilde de Pontevès.
Renard de Châteaurenard épousera Beliede née vers 970.
Beliedis Dame de Châteaurenard, née vers 970, épousera Adalelme d’Avignon.
Vitmar de Châteaurenard, né vers 970.
Mathilde de Pontevès (née vers 990) : Fille d’Arbert d’Allons (né vers 960,
décédé entre 1027 et 1029), et de Adalgarde de Moustier (née vers 960, décédée
après 1038). Elle épousera Aldebert
fils de Balda.
Arbert d’Allons de Salerne, né vers 960, décédé entre 1027 et 1029 :
Tige des Pontevès, a six frères qui sont fils d’un nommé Jonas, possessionné à
Salerne et Villecroze. Il épousera Adalgarde
de Moustiers. Ils auront huit fils : Pons, Bertrand, Edebert, Foulques,
Geoffroy, Augier, Albert, Hugues et au moins une fille connue Mathilde de Pontevès.
Adalgarde de Moustier, née vers 960, décédée après 1038. Fille
d’Allons de Moustier et d’Aldegarde de Riez.
Aldegarde de Riez, née vers 930, décédée après 1011. Citée en
1004 et 1011. Veuve en 1004.
Balda : Fondation du monastère de Correns vers 1002. « Donation de Balda et
ses fils Eldebert, Renouard et Vitmar et mon mari Lambert Dodon »
Adalgarde de Moustier : Donation en 1029 par Adalgarde et ses
fils Pons, Bertrand, Aldebert, Foulques, Geoffroy, Augier, Arbert et Hugues.
En 1060, la position
d’Aspremont au Val est mentionnée par Balda de Châteaurenard, plus tard par
Renaud de Châteaurenard, enfin par Aujarde fille de Dodon.
*(18) En 1960, Paul Lombard dans le journal Le
Méridional avait émit l’hypothèse d’un
« souvenir patronymique d’un des premier seigneur féodaux de la
commune » : Renouard de
Châteaurenard, Castèu Renaud, Castéou Rignaou. Nous pouvons imaginer au milieu des amas de pierre
du nom du seigneur qui aurait pu tenir Montfort, un oppidum celto-ligure
ceinturant le sommet. Ces constructions archaïques faites de blocs de pierre
amoncelées servaient de rempart aux populations gauloises vivant jadis sur le
territoire de la commune… Ce poste de guet servit également lors de l’invasion
romaine…,… Nous pouvons imaginer au milieu des amas de pierre, les fondations
des constructions et des tours en bois, première forme de château que nous a
légué l’occupation wisigothique, Renaud fut certainement son bâtisseur »…
Pour la petite histoire, il est curieux de noter que les historiens comme les
géographes ne sont pas arrivés à s’entendre sur l’orthographe ni sur
l’étymologie de Castéou Rignaou. En
effet, on l’écrit indifféremment Rignaou,
Rinaou, Riniaou… Castéou Rignaou
viendrait de Châteaurenard du nom des premiers seigneurs de Montfort. En
Provençal Renard se disant Reinard on
voit peu de similitudes entre Reinard
et Rignaou. On a également supposé Castéou Rougna, ce qui signifierait
Château Rogne (usé, ruiné)…, une hypothèse en vaut une autre… J’ajouterai pour
m’amuser lire plutôt Castèu-Arrouina,
château en ruine…, ne servant plus alors que de carrière aux habitants qui
n’ont pas du s’en priver en tant que matériel de construction pour leur propre
compte…
Il est à noter qu’au
nord des Spéluques est un lieu-dit
appelé Christaou que l’on peut
interpréter comme étant le Christ aut
(le Christ haut). Il semblerait que ce soit en ce lieu que se trouvait le
cimetière des moines et des habitants qui continueront à se faire inhumer dans
ce quartier auprès de « Notre-Dame des Spéluques », (jusqu’au moment
où sera bâtie hors les murs, au village une nouvelle église paroissiale dédiée
à la Vierge avec Saint Blaise comme patron, et c’est donc vers 1600 qu’un
nouveau cimetière sera créé au sud de l’abside, puis en 1910 le cimetière
actuel au lieu dit Les Lombardes, où
se trouve là une source pérenne, (ce qui oblige mes aïeux à boire une eau pure
plutôt que du bon vin… et ce à perpétuité…, un vrai purgatoire !).
*( 19) Raimond, fils de Guillaume 1er de Cotignac, fils de Garcia de
Rehza.
*(20) Lieux spécifiques dont il est
difficile de dire avec certitude à quand remonte réellement l’origine de leur
nom, mais ils donnent tout de même une idée sur leur fonction même si celle-ci
a évoluée ou changée au cours des temps.
Lieux à caractère de défense
Les Spéluques (prieuré
des moines Augustins), citadelle chargée des commandes du défilé de l’Argens +
5 autres lieux Camp-Fegou (tourné vers correns, Campe-denro, Castel
l’amar(tourné vers cotignac), Camp-Senès (tourné vers cotignac), le
Touret endroit en hauteur d’où l’on pouvait se faire des signaux, passer
des messages de loin en loin.
Les biens de l’église
Le clos de l’église
(loup rat de Clastro), La Bastide Blanche (la bastide Blace), Le Praz de
Clastre, St Jean Baptiste, dans le quartier appelé les Saintes Vierges, un lot
de terre dit de l’Ascension, Saint Isidore, Saint Joseph.
Remarque :
Relation religieuse entre Montfort et Cotignac : Mr le chanoine Vincent,
curé de N.D de Grâce a écrit : « Honneur à Montfort ! C’est
l’unique paroisse restée fidèle à répondre au tendre appel de N.D de Grâce et à
marcher sur les nobles traces des anciens… ». Après la révolution, chaque
année, le lundi de Pentecôte, les fidèles sous la conduite de leur vénéré
pasteur viennent en grand nombre accomplir leurs dévotions et chanter les
louanges de N.D de Grâce.
Les chapelles
Eglise St Blaise
(ancienne église paroissiale), Chapelle des Pénitents, chapelle de la Fuëby
(1518), Les Stes Vierges, …de la Capelle).
Les oratoires
Saint Jean Baptiste (0
la sortie du village sur la route de Carcès), Saint Joseph (sur la vieille
route après N.D des Spéluques) et un autre St Joseph (à la sortie de la rue de
la Glacière), l’Ascension (en bordure de la rampe des Suies), Saint Isidore (au
début du chemin qui conduit à Correns), Saint Blaise (au jeu de boules), Saint
Clair (au chemin de la Fontaine Lombarde).
Lieux où il y avait de l’eau
La fouant de Luire, La
fouant Petite, La fouant Vieille, L’Iscle, Les Gravières, Les Lones, La Grone,
Les Prat nàv, Les Paluds, L’Aréna, Les
Praderies, Le Gravat, la Lombarde.
L’acqueduc
gallo-romain traversait l’Argens pour aller arroser les terres du seigneur de
Montfort ô belle source de Saint Martin
malgré dieu et le destin tu viendras arroser mon jardin…
Lieux où il y avait des habitations
Les Bastides, Les
Bastidettes, les ères des Bastides, La Capelle
Les collines
La Baume, le Claus, le
Clon, les Fautrières, Les caniers, Cannebière, Le Roucas de Colorgue, les Suys,
la Clapouire.
Les ponts sur l’Argens
Ils sont au nombre de
trois : Pouant-fra, pouant-fraché, pouant-rout
Lieux dits
A1 Quartier des Canebières
Peïcabrier :
Chemin des chèvres.
Le Suy :
Réservoir naturel. Voir lieu où l’on jette les eaux usées.
Les Canebières :
Lieu où il y avait des cannes, des bambous. Lieu où l’on fabriquait des cordes
avec du chanvre.
Font-Petite :
Petite source, voir source qui se tarie.
Robernier…….
Le Roucas de
Calorgues : Les roches de…
Les Feutrières :
Endroit où l’on peut fouler les blés. Lieu où se trouvait une herbe haute avec
laquelle on confectionnait les chapeaux de paille.
A2 des Vallons de Martin
Les Süy :
Réservoir naturel…, Voir eaux stagnantes, nauséabondes.
Les Clapouires :
Tas de pierres de petites dimensions.
Les Platus
d’Ovumelle : Les plateaux, les restanques…
Les Roubaudes :
Lieu où il y avait des figues.
Le Deffends :
Passage défendu. Terrain municipal où il est interdit de faire paître les
moutons.
Les Pradariés :
Les prairies.
La Colle :
Colline non cultivée.
La Grone :
Le Claou des
Pins : Propriété enclavée où l’on mettait les ruches.
La Fuèbi :
Les Vallons de
Martin…….
Les
Fonds-Vieilles : Les vieilles fontaines.
Le Clon :
St Isidore…….
La Gipière :
Endroit où il avait du sable assez compact pour faire des briques.
Le Claou : Le
Clos (fermé par un muret).
Camp Fégou :
Champ fertile, camp militaire.
Les Gravières :
Carrière de graviers.
A3 Robernier
Robernier…….
Les Saintes Vierges…….
Vespi : Lieu où
il y a des guêpes.
Clos d’Ayaou : Le
clos d’…….
Les Feutrières :
Lieu où l’on peut fouler les blés. Endroit où l’on peut fouler les blés. Lieu
où se trouvait une herbe haute avec laquelle on confectionnait les chapeaux de
paille (Raphia, paille de seigle ?)
Roussin : Lieu où
l’on mettait les vieux chevaux. Lieu où l’on mettait les chevaux que l’on
montait pour faire la guerre.
Les Serres :
Collines avec des crêtes en dos d’âne ou dentellées. Crêtes de collines ou de
montagnes allongées.
La Baume : La
grotte. Abri sous roche.
Les Caniers :
Lieu où il y avait des bambous, des roseaux. Lieu où l’on cultivait les
roseaux.
Castéou-Rignaou :
Château… (renard) ? (Famille des Châteaurenard ?)
Le Christaou : Le
cristal. Où plutôt suivre l’interprétation des anciens qui disaient Le Christ aut…, « nous allons au
Paradis ». C’était peut-être le lieu du cimetière du couvent des moines
des Spéluques.
Belle-Vue…….
Saint-Joseph…….
Les Brouadettes :
Lieu où il y avait des gelées blanches. Lieu froid. (Brouardette :
Buissons)
Proun Faché :
Végétation touffue, assez basse, garigue. Probablement un pont qui enjambait
l’Argens.
La Font de
Louire : La fontaine de …
Les Saintes Vierges…….
Le Plan : Plaine,
pays plat.
B Castel l’amar et du Plan
Castel lamar :
Château d’amour, ou plus prosaïquement et plus vraisemblable lieu amer,
difficile à vivre.
Le plan : Plaine,
pays plat.
Sarragäy :
Endroit fermé, avenant et joyeux ?
Grignouret : Lieu
où l’on jette les résidus du broyage des olives ou du raisin ??
Joube :
Les Plaines…….
Barraré :
Barrière
Claoul de l’Eglise :
Endroit fermé autour de l’église.
C1 des Quartiers
Le moulin…….
La chapelle…….
Les arcs neufs…….
Les Quartiers…….
Le Grand Caire de
Senès : Lieu où l’on pratiquait la taille des pierres, situé sur la rive
gauche de l’Argens.
La Grande Palud :
Lieu à alluvion avec limon, cultivable et fertile. Marais, marécageux.
Les Petits Caire de
Senès : Lieu où l’on pratiquait la taille des pierres situé sur la rive
gauche de l’Argens.
C2 de Lapalud et Clos Gérin
Les Spéluques :
Endroit propice à la circulation du vent qui permettait d’ensemencer les
graines… Lire plutôt « Les grottes », vaste cavité à large entrée.
Le Plantier :
Lieu où l’on plante.
Les Bastides :
Grosses fermes
Le Cadéton :
Petits Cades ???
Les Ollières :
Terrain argileux, humide qui colle aux godillots. Olières : souvenir de
fabrication de poteries médiévales.
Péloquin :
Campé d’Enroch :
Champ pierreux. Camp militaire.
La Vanade :
Bercail, Bergerie
Clos de Gérin :
Endroit fermé par un muret = Clos de Gérin
Le Touret :
Endroit en hauteur d’où l’on pouvait se faire des signaux, passer des messages
de loin en loin.
La Vigne des Campus…..
Mourrefrei :
Endroit herbeux en bordure de rivière, voir endroit froid, voir mufle froid
Le Bousquet :
Tailli où le gibier va se protéger.
Vernière : Lieu planté
d’aunes (un arbre qui pousse au bord de l’eau)
Les Prés Neufs…….
La Grande Palud :
Lieu à alluvions avec limon, cultivable et fertile.
La Petite Palud :
Lieu à alluvions avec limon, cultivable et fertile.
L’Iscle : Ilot,
île…
Le Gravat : La
grève. Lieu pierreux, endroit où l’on trouvait des matériaux pierreux pour la
construction.
Les Muscatelles :
Lieu où l’on cultivait le cépage de muscat
Les Lones : Lieu
éloigné du village.
Le village
Le Château…….
Le Moulin…….
Les Ferrages :
Rue à vocation artisanale. Ferronniers, dépôt de ferraille.
Le Pigeonnier…….
Le Pré de
Clastre : Enclave attenante à un jardin à vocation religieuse.
Saint-Jean-Baptiste…….
Les lombardes :
Il y avait une source au lieu-dit « Les Lombardes », qui est
maintenant le lieu où se trouve le cimetière actuel créé en 1910. L’ancien
cimetière était situé derrière l’église.
A Le Val :
Paracol : Se parer, se défendre, sur une hauteur.
Palière : Lieu où
l’on stocke la paille.
Clapières : Tas
de pierre, lieu de pierre.
Ruou : Ru, petit
ruisseau.
Roun faché :
Peut-être issu de Roumier (roncier)
Barrare : Barre
rocheuse, falaise.
Glossaire
Céramiques Campaniennes : Céramiques à vernis noir produites en
Méditerranée occidentale à l’époque hellinistique entre la fin du Ive siècle av
J.C et le dernier quart du 1er siècle av J.C.
Dolia : Jarres de stockage en terre cuite de grande contenance. Ive siècle
av J.C, IIIe siècle apr J.C.
Dolium : Jarre d’une contenance allant jusqu’à plus de 3000 litres, qui
servait de citerne à eau, au transport de vin, d’huile ou de céréales pour le
commerce en gros.
Droit d’Albergue : Droit prévu dans les actes de donation
fait par un seigneur qui oblige le bénéficiaire, vassal, écuyer, gens d’armes,
congrégations religieuses et tout sujet à lui offrir le gîte et le couvert
quand il passe dans le fief.
Imbrice : Tuile creuse semi cylindrique.
Locus : Lieu, endroit, siège…
Sigillée : Engobe composée uniquement des plus fines particules de l’argile
qui vont se vitrifier à la cuisson. Céramique fine destinée au service de table
caractéristique de l’Antiquité romaine. Elle se caractérise par un vernis rouge
grésé.
Tegulae : Tuiles gallo-romaines plates.
Tumulus : Eminence artificielle recouvrant une sépulture.
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